Saison 15-16

Ik Onkar

Texte collectif
Une production du Théâtre la Catapulte

Dates: Le samedi 5 décembre 2015 à 19 h 30
(matinées scolaires du 1er au 4 décembre – en savoir plus)
Public: À partir de 12 ans
Durée: 1 h
Lieu :  Théâtre Richcraft, Centre des Arts Shenkman à Orléans, 245, boul. Centrum, Ottawa (carte Google)
* S'il vous plaît ne pas porter de parfum pour le spectacle.

 

Changer le monde
en se changeant soi-même

Ik Onkar vient des sikhs : «Une (ik) conscience (ou énergie) créatrice (Ong) en action (kar)» ou encore «Le créateur dans la création et la création dans le créateur».

Rassemblés autour d’un concours sur le thème «les jeunes et l’espoir», trois amis échangent leurs questionnements et leurs découvertes sur l’être humain et sur le monde.

D’une forme très éclatée, porté par des comédiens toujours en mouvement, Ik Onkar passe intelligemment du drame à la comédie. Un spectacle sur la prise de parole, rempli de références issues tant du théâtre et de la littérature que de la musique.

Ik Onkar s’est mérité deux Prix Rideau Awards en 2013 : «Création de l’année» et «Production de l’année», une première pour un spectacle pour adolescents!

Commentaires et critiques

EXTRAITS DES CRITIQUES:

« Pan, dans le mille. (…) Le propos parfois philosophique exigeait une interprétation tenue, un rythme enlevé, une mise en scène qui laisse respirer les personnages et n’ampute pas l’émotion. Ik Onkar réussit tout cela à la fois » – Maud Cucchi, Le Droit

« On est tous sortis (…) en ayant vu à quel point ça touche les ados ! On voit leur réaction : ils rient, ils sont hyper captivés par la pièce… (…) C’est réglé au quart de tour ! C’est quasiment une chorégraphie d’un tableau à l’autre ! (…) Coup de génie ! » – Isabelle Brisebois, Radio-Canada

« Une magnifique pièce de théâtre jeunesse (…) extrêmement intéressante (…) absolument formidable ! (…) Vraiment : chapeau ! J’ai été soufflée par ce spectacle-là ! » – Anne Michaud, Radio-Canada

« Pendant l’heure qui a suivi, ces trois jeunes, beaux et talentueux à souhait, nous ont tenus en haleine, fait rire et pleurer et séduits. (…) La difficulté est de trouver les liens par lesquels tout se tient et coule de source. Et ce tour de force, les metteurs en scène Fanny Gilbert-Collet et Jean Stéphane Roy l’ont réussi haut la main. Ce spectacle généreux, intelligent, touchant aussi, et la performance de ces trois jeunes qui ont reçu la main sur le cœur et une petite larme à l’œil, les applaudissements nourris des spectateurs conquis, constituent un excellent début de réponse : l’espoir est en chacun de nous, jeunes et moins jeunes. » – Josette Noreau, Liaison

QUELQUES COMMENTAIRES DU PUBLIC:

« [Les réactions des jeunes] ont été enthousiastes et teintées de commentaires fort élogieux ! (...) La proposition [est] généreuse, très touffue, presque pluridisciplinaire (!) et truffée de clins d’oeil au public averti. (...)  Les comédiens sont extraordinaires! Chapeau aussi à la mise en scène habile et dynamique. Une pièce qui devrait rejoindre tous les ados et leurs accompagnateurs. » - Michèle Rouleau, Coordonnatrice du volet Théâtre au Théâtre Hector-Charland à L'Assomption

« Ik Onkar, un spectacle qui a trouvé, cerné, la voix des ados d’aujourd’hui. Très actuel avec des interprétations d’une grande justesse. Bravo ! » – Une enseignante d’Ottawa

« La meilleure pièce pour adolescents à laquelle j’ai assisté en 12 ans de carrière ! » – Un enseignant de Gatineau

« C’est comme si vous étiez dans ma tête ! C’est fou comme se sont des thématiques qui me préoccupent ! » – Une élève

« C’est frais, c’est nouveau et actuel, c’est dynamique ! Ça résonne vraiment chez les jeunes d’aujourd’hui ! » – Une enseignante d’Ottawa

Équipe de création

Texte – Collectif
Mise en scène – Fanny Gilbert-Collet et Jean Stéphane Roy
Décors, éclairages et vidéo – Benoît Brunet-Poirier
Environnement sonore – Louis-Philippe Robillard
Régie – François Ouimet
Direction de production et de tournée – Kyle Ahluwalia

Interprétation – Marie-Eve FortierCaroline Lefebvre et André Robillard

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Vidéos

 

Laboratoires et Mises en lecture

"PROJET COMPASSION" [titre provisoire]

Inspiré par le processus d’Ik Onkar, Jean Stéphane Roy a décidé de renouveler la formule: s’entourer de deux jeunes artistes pour la création d’un nouveau spectacle pour ados, soit Dillon Orr et Marie-Pierre Proulx.

Le thème

Au départ, l'idée était de faire un spectacle sur le thème de l'intimidation. Or, plus la réflexion avançait et plus une question s’imposait: faut-il combattre le feu par le feu? Le risque était ainsi de créer un spectacle moraliste ou pire, une pièce à thèse. Puis un jour, Jean Stéphane Roy découvre, la Charte de la Compassion créée par Karen Armstrong. Il n’en fallait pas plus pour commencer cette création, dont le sujet ne serait ainsi plus l’intimidation mais l’exploration de l’envers de la médaille: la compassion! Par contre, le but du "Projet Compassion" n’est aucunement de faire la promotion de la Charte mais plutôt de s’en inspirer pour créer un spectacle qui questionne la notion du « vivre ensemble ».

Le processus

Depuis la fin du printemps 2015, le trio de créateurs met sur pied les bases du contenu et du contenant du projet de création. Au départ, Jean Stéphane Roy, Dillon Orr et Marie-Pierre Proulx se sont rencontrés ponctuellement afin de de fouiller dans plusieurs thèmes relié de prêt ou de loin à la compassion: textes religieux ou philosophiques, recherches scientifiques, etc. Plus le processus avance et plus ce tourbillon d’idée se dirige vers la création d’un synopsis de base. À l'hiver 2015-2016, des rencontres ont eu lieu avec des ados de différentes écoles de la région d'Ottawa afin de confronter les artistes et leurs idées aux jeunes et à leur vision de la compassion. Au printemps 2016, quelques comédiens seront intégrés à l’équipe afin d’explorer la matière théâtrale du contenu et de créer les bases du contenant.

À suivre…

 

Artiste visuel de la saison

Guillermo Trejo (Photo: Kristina Corre)

Guillermo Trejo : le croisement des cultures


Mateuzs Odrobny
, Benjamin Rodger, Kasandra Tremblay et désormais Guillermo Trejo. Sans le vouloir, les artistes de saison de la Catapulte reflètent la diversité culturelle du Canada. Pour le Catalyseur, Sylvain Sabatié a profité d'une journée pluvieuse pour rencontrer Guillermo autour d'un café.

Guillermo Trejo est Mexicain. Il est né à Mexico il y a un peu plus de 30 ans. Il grandit à Morelia, une ville « à peu près comme Ottawa, avec environ 1 million d’habitants, située à 4 heures à l’ouest de Mexico. Ce n’est pas une ville très culturelle. » Il vient d’un milieu plutôt intellectuel, mais pas artistique : « Ma mère enseigne les neurosciences à l’université. Mon père est médecin. » Pour toutes ces raisons, l’ado Guillermo ne pense pas devenir artiste. « Je savais que je ne voulais pas avoir un métier ‘normal’, comme avocat ou docteur. Mais je n’avais aucune idée vers quoi m’orienter. » Il décide toutefois de suivre le cours d’art qu’offre son école secondaire. « Je dois beaucoup à mon enseignant, Fernando Garcia. Sans doute a-t-il vu un certain talent en moi, et il m’a encouragé à aller étudier à Mexico, à l’École Nationale de Peinture, de Sculpture et de Gravure [Escuela Nacional de Pintura Escultura y Grabado]. » Guillermo envoie alors sa candidature à l’école. Celle-ci sera acceptée. « Je n’étais pas sûr d’où ça pourrait me mener mais, comme au Mexique l’université est quasiment gratuite, je n’avais pas grand-chose à perdre. Je me disais que je pourrais toujours retourner à Morelia pour trouver un travail quelconque. »

Durant sa formation, il découvre la gravure (ou « printmaking »), technique pour laquelle il a un véritable coup de foudre. C’est cette technique qu’il utilise encore le plus souvent et c’est avec celle-ci qu’il a réalisé les affiches de la Catapulte.

Durant ses études à Mexico, il rencontre Justine, Canadienne originaire de Vancouver qui travaille en développement international. Celle qui deviendra sa femme en 2010 décide de retourner au Canada, à Ottawa plus précisément, afin d’étudier à l’Université Carleton. Elle lui propose de l’accompagner. « Comme je venais de terminer mes études et que je n’avais rien de vraiment planifié dans ma vie, j’ai décidé de la suivre. Mais je ne prévoyais pas de nécessairement rester au Canada à ce moment-là. » Le voilà donc qui débarque à Ottawa. Nous sommes en 2008 et Guillermo a 24 ans.

En 2009, en parallèle des divers petits emplois qui l’occupent et lui permettent de joindre les deux bouts, il commence à faire du bénévolat à l’École d’Art d’Ottawa (pour laquelle il travaille toujours aujourd’hui). Cette expérience lui permet de mettre un pied dans la communauté artistique d’Ottawa.

Quand, cette même année, il obtient sa résidence permanente, il décide de s’inscrire à l’Université d’Ottawa afin de suivre une maîtrise en art visuel, qu’il obtient en 2012. Tranquillement, ça devient clair dans sa tête : il deviendra artiste. « Être au Canada me fermait la porte de retourner dans ma ville natale et de trouver un travail ‘normal’. Ici, il me fallait assumer le fait de vouloir être un artiste. »

De plus, être loin de son pays natal lui a permis d’avoir un regard nouveau sur sa culture : « J’ai redécouvert des artistes et des courants qu’au Mexique on qualifiait d’arriérés et de dépassés. Ce recul m’a permis de réaliser que ces œuvres et ces techniques étaient toujours pertinentes ! » Cela lui offre aussi une certaine liberté pour commenter, à travers son œuvre, la réalité politique que traverse son pays, notamment durant la présidence de Felipe Calderón : « Il appartient à la droite catholique, conservatrice et répressive. Bien qu’il ne soit pas du tout militaire, il n’était pas rare de le voir habillé en uniforme de l’armée… » Ça situe le personnage… « Calderón pouvait envoyer l’armée en force dans des petits villages où on faisait pousser de la marijuana. Oui, c’est illégal, mais de telles démonstrations de forces sont-elles vraiment nécessaires ? C’est cette situation, en plus du mouvement ‘Occupy’, qui m’a poussé à faire de l’art plus politique, c’est-à-dire de l’art qui n’est pas que beau. » Ainsi, une grande part de son travail, que l’on peut découvrir sur son site Internet, reflète son positionnement. On retrouve sur ses œuvres, outre des citations de Camus ou Nietzsche, des slogans tels que « Presidente de la violencia », « Fuck the police », « Égalité pour tous ! » ou « Viva la revolución ». Quant à savoir s’il se sent plus libre au Canada qu’au Mexique, celui qui cite comme influence Francisco de Goya, Leopoldo Mendez, Emory Douglas ou encore Banksy avoue se sentir moins libre aujourd’hui qu’il y a trois ans…

En 2013, alors en voyage à Cleveland où il est professeur invité à la Kent State University, Guillermo ressent soudain le besoin de faire de l’art apolitique et plus abstrait, par définition plus universel. « Je voulais utiliser l’abstrait pour créer quelque chose de plus international, pour lequel le background culturel ne joue pas de rôle. C’est aussi une approche plus organique. » Mais il ne désire pas pour autant délaisser l’art politique, « mais à ne faire que ça, on court le risque de sombrer dans le cynisme et le pessimisme. »

Le futur de Guillermo, dont le rêve est d’ouvrir un studio de gravure sur linoléum, s’annonce assez excitant : en octobre prochain, il exposera pour la première fois au Mexique, et en février 2015, à Vancouver.

Finalement, le parcours atypique de Guillermo peut être une illustration de cette citation de Nietzsche que l’on retrouve dans une de ses œuvres : « You have your way. I have my way. As for the right way, the correct way, and the only way, it does not exist »…

Sylvain Sabatié, juin 2014

Site internet de Guillermo: www.trejoguillermo.com

 

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