Saison 16-17

Le Long de la Principale

De Steve Laplante
Une production du Théâtre la Catapulte

Dates: le vendredi 7 octobre 2016 à 19h30
(matinées scolaires du 4 au 7 octobre – en savoir plus)
Public: Grand public, à partir de 14 ans
Durée: 1h35
Lieu: La Nouvelle Scène Gilles Desjardins
 

Une comédie funéraire


Un matin, la mort débarque au village de Saint-Icitte. Le père de Lui décède subitement sur le plancher de la cuisine. Persuadé qu’il n’est pas mort et qu’il est seulement disparu, Lui ira le chercher «ailleurs», là où, croit-il, son père s’est enfui. Au milieu du chaos absurde d’un enterrement de village, Lui a la conviction qu’il pourra accomplir ce qu’il n’a jamais fait… parler une dernière fois à son père.

En filigrane de ce parcours obligé des embarras funéraires se profile une œuvre à l’étonnante simplicité. Un voyage initiatique au cœur de la mort nécessaire à la poursuite de la vie.

Horaire détaillé

  • Vendredi 7 octobre 2016 à 19h30 – précédé de L'Avant-goût (à 19h) et suivi d'une discussion.

Commentaires et critiques

COMMENTAIRES DU PUBLIC

« Bravo !! J’ai ri ! J’ai pleuré ! J’ai adoré ! MERCI !! » – Un spectateur d’Ottawa

« Remue les entrailles en douceur. Merci. » –Un spectateur d’Ottawa

« Belle performance : vous avez su parler d’un sujet lourd avec légèreté. Merci ! » – Un spectateur d’Ottawa

« Bravo la gang ! Un beau spectacle émouvant !! » – Un spectateur d’Ottawa

 

EXTRAITS DES CRITIQUES

« The individual elements that comprise this production are all strong on their own terms, but together they produce an impressive piece of theatre certainly worth talking about. » – Ian Huffam, New Ottawa Critics

« Le rythme est bon, le ballet dynamique. […] Très touchant, le monologue final de Jonathan Charlebois offre un contraste bienvenu avec le fil trépidant de la journée. […] Juste et fluide, Caroline Lefebvre campe Lamy, mélange de raison, de fidélité et de sentiments nobles. […] Lissa Léger incarne avec son habituelle assurance trois personnages envahissants. […] Une coche plus comique, Alexandre Gauthier endosse le costume de la poignée de villageois venus pimenter cette journée de funérailles. » – Yves Bergeras, LeDroit

« Le moment des funérailles comme tel c’était à se tordre de rire avec le remplaçant du curé. Mais il y a des moments aussi de grandes émotions. […] C’est du beau théâtre. » – Anne Michaud, Radio-Canada

Équipe de création

Texte – Steve Laplante
Mise en scène et adaptation – Jean Stéphane Roy
Scènographie – Ben Thibodeau
Éclairages – Benoît Brunet-Poirier
Costumes – Isabelle Filion
Environnement sonore – Venessa Lachance
Assistance à la mise en scène et régie – Lindsay Tremblay
Direction de production – Kyle Ahluwalia

Interprétation – Jonathan CharleboisDave JennissCaroline Lefebvre et Lissa Léger

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Vidéos

 

Laboratoires et Mises en lecture

Ceci n'est pas une lettre d'adieu…

Inspiré par le processus d’Ik Onkar, Jean Stéphane Roy a décidé de renouveler la formule: s’entourer de deux jeunes artistes pour la création d’un nouveau spectacle pour ados, soit Dillon Orr et Marie-Pierre Proulx.

Le thème

Au départ, l'idée était de faire un spectacle sur le thème de l'intimidation. Or, plus la réflexion avançait et plus une question s’imposait: faut-il combattre le feu par le feu? Le risque était ainsi de créer un spectacle moraliste ou pire, une pièce à thèse. Puis un jour, Jean Stéphane Roy découvre, la Charte de la Compassion créée par Karen Armstrong. Il n’en fallait pas plus pour commencer cette création, dont le sujet ne serait ainsi plus l’intimidation mais l’exploration de l’envers de la médaille: la compassion! Par contre, le but de Ceci n'est pas une lettre d'adieu… n’est aucunement de faire la promotion de la Charte mais plutôt de s’en inspirer pour créer un spectacle qui questionne la notion du "vivre ensemble".

Le processus

Depuis la fin du printemps 2015, le trio de créateurs met sur pied les bases du contenu et du contenant du projet de création. Au départ, Jean Stéphane Roy, Dillon Orr et Marie-Pierre Proulx se sont rencontrés ponctuellement afin de de fouiller dans plusieurs thèmes reliés de près ou de loin à la compassion: textes religieux ou philosophiques, recherches scientifiques, etc. Plus le processus avance et plus ce tourbillon d’idées se dirige vers la création d’un synopsis de base. À l'hiver 2015-2016, des rencontres ont eu lieu avec des ados de différentes écoles de la région d'Ottawa afin de confronter les artistes et leurs idées aux jeunes et à leur vision de la compassion. Au printemps 2016, les comédiens Benoît Brunet-Poirier, Annie Cloutier et Anie Richer ont été intégrés à l’équipe afin d’explorer la matière théâtrale du contenu et de créer les bases du contenant. Le résultat de ce laboratoire a été présenté lors de notre soirée bénéfice "On s'paye la tournée" le 12 mai. Le trio de créateurs continue de se rencontrer à intervalles réguliers et d'autres laboratoires avec les comédiens sont prévus durant l'hiver 2017.

À suivre…

 


 

Les Passants

Il s’agit de notre prochaine création, signée Luc Moquin (Exit(s), le fa le do). Coproduction avec le Great Canadian Theatre Company qui sera jouée au GCTC en Français avec surtitres en Anglais, Les Passants ont connu un premier laboratoire sur le texte au printemps 2016. Pour l’occasion, Luc Moquin et le metteur en scène Jean Stéphane Roy étaient accompagnés des comédiens Mélanie Beauchamp, Geneviève Couture, Benjamin Gaillard et Yves Turbides. Un nouveau laboratoire, cette fois plus axé sur la mise en scène, aura lieu fin novembre 2016.

Les Passants seront créés en février 2017.

 

Lumière sur…

Ik Onkar et Et au pire, on se mariera

À l’automne 2015, le Théâtre la Catapulte accueillait le spectacle Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu. Nicolas Gendron en signait l’adaptation et la mise en scène, en plus de produire le spectacle avec la compagnie dont il est directeur artistique, ExLibris. En 2016-2017, il est venu s'ajouter à l’équipe d’Ik Onkar en tant que comédien. Depuis la mi-octobre, l'équipe d'Ik Onkar est sur les routes acadiennes et circule d'écoles en écoles pour présenter la pièce. Au total, ce seront 19 représentations qui auront lieu entre les mois d'octobre et de novembre. L'équipe partira ensuite en tournée au Québec. Nicolas Gendron revient donc sur ces pièces et sur l’espoir, thème transversal à ces deux spectacles pourtant ô combien différents.
 

Ces bêtes féroces

« Nous reviendrons nous aurons à dos le passé et à force d’avoir pris en haine toutes les servitudes nous serons devenus des bêtes féroces de l’espoir » – Gaston Miron

Dans Et au pire, on se mariera, le roman comme la pièce, la jeune Aïcha ferait tout pour être aimée. Et l’équation peut même se fragmenter : elle est prête à tout pour être… et pour aimer. Être la femme qu’elle n’est pas ; aimer l’homme qui lui a redonné des ailes, même s’il est deux fois plus vieux qu’elle. L’œuvre de Sophie Bienvenu traduit avec une acuité douloureuse la passion fulgurante, mais aussi ce sentiment adolescent de n’être compris de personne, d’avoir mille ans et pourtant l’âme d’une enfant.

À l’invitation de Jean Stéphane Roy, qui a découvert la pièce par un heureux hasard, nous avons eu le grand plaisir d’être accueillis à Ottawa à l’automne 2015 par le Théâtre la Catapulte, ma compagnie ExLibris et moi-même, afin de partager avec le public ottavien notre première production, ma première mise en scène. C’est cette invitation qui initia le projet d’une tournée, une aventure en tous points mémorable. Pour ce coup de pouce inespéré, toute ma reconnaissance !

Je dois avouer avoir eu peur que cette histoire campée dans Centre-Sud, un des quartiers les plus mal-aimés de Montréal, n’ait pas autant d’échos dès lors qu’elle prendrait la route. Sans y être une quelconque figurante, la ville y demeure une toile de fond lancinante, voire inquiétante. Qu’importe, puisqu’à Ottawa, Québec ou Victoriaville, Aïcha a trouvé son public, antihéroïne d’exception qui peut vous glacer le sang et vous attendrir durablement. « On voudrait la prendre dans nos bras », avouaient plusieurs spectateurs. La détresse d’une jeunesse en mal d’amour a de quoi scier les jambes, pour peu qu’on s’y attarde.

Sur un mode plus léger, mais non moins évocateur, j’assistais en mars 2015 à une représentation de la création Ik Onkar, à la Maison Théâtre à Montréal. Cette création de la Catapulte donne à entendre trois amis dans leurs pensées les plus intimes et leurs rêves les plus fous, autour d’un concours lancé par Amnistie Internationale, sous le thème « Les jeunes et l’espoir en l’avenir ». Vaste défi que de croire en soi-même, ou de croire tout simplement, quand on vous répète en boucle depuis l’enfance que le monde court à sa perte, entre les crises économiques et les tueries de masse. Et pourtant, dans le brouillard, l’amitié s’impose en vaisseau amiral.

En 2016-2017, j’ai le bonheur de me greffer à ce spectacle unique qu’est Ik Onkar, cette fois-ci en tant que comédien. J’y retrouve d’ailleurs deux consœurs que j’ai connues lors de ma formation d’interprète au Collège Lionel-Groulx, Marie-Eve Fortier et Caroline Lefebvre ! « Tout est dans tout », comme nous le rappelle la trame de la pièce… J’ai l’habitude du public adolescent, pour l’avoir côtoyé pendant 7 ans avec le Théâtre Parminou, et c’est toujours un privilège de s’adresser à lui avec intelligence et inventivité, deux qualités qui lui font rarement défaut, mais avec lesquelles il fait bon le confronter, le bousculer, l’interpeler.

Et alors, cet espoir ? Dans le monde d’Aïcha, il est difficile de le percevoir, tant la tragédie qui couve semble sans issue. Cela dit, une fois la rage consumée, le coup de sang passé, que lui reste-t-il, sinon cette foi en l’Amour avec un grand A, celui qui ravage tout sur son passage ? Peut-être continue-t-elle à se mentir, mais la vérité qui la tenaillait a éclaté pour de bon, et la voilà mûre pour panser ses plaies et affronter la lumière du jour.

Au cœur d’Ik Onkar, les personnages de Caroline, Marie-Eve et Nicolas – oh, le doux paradoxe de porter son prénom sur scène ! – savent jouer aux philosophes du dimanche, se remettre en question et rêver à voix haute. Leur complicité est le ferment de leurs espoirs grandissants, desquels émergent les figures poétiques de Nelligan, de Ferré et de Cyrano, pour ainsi dire « non, merci » à tout ce qui les englue et les paralyse, « non, merci » à la haine et à tout ce qui divise. Et quand ils contemplent l’univers, happés par l’infini, c’est pour mieux se rapprocher et inventer leur propre galaxie.

Puisse le théâtre, encore et toujours, être un vecteur d’espoir et nous transformer peu à peu en ces « bêtes féroces » qui osent croire en des lendemains qui chantent.

Nicolas Gendron, juin 2016

Article extrait de notre Catalyseur 2016.

 

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